Crise au Zimbabwé: Mbeky rejete les exigence de l'UE
Le président sud-africain Thabo Mbeki a rejeté mercredi la position de l'Union européenne exigeant que le gouvernement zimbabwéen soit dirigé par le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai.
"Le résultat de ce qui sortira de ce processus de dialogue doit être un résultat accepté par les Zimbabwéens. Clairement, le continent africain n'a fait aucune exigence quant à l'issue de ce que les Zimbabwéens doivent négocier entre eux", a déclaré le président sud-africain à la radio SA FM.
Mardi, le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, dont le pays préside l'Union européenne, avait indiqué que l'UE "n'acceptera pas" un gouvernement au Zimbabwe qui ne soit pas dirigé par Morgan Tsvangirai. Rendue publique à la fin du huis clos, la résolution "encourage Robert Mugabe à initier le dialogue en vue de la promotion de la paix et de la stabilité".
Le sommet a également "soutenu l'appel à la création d'un gouvernement d'unité nationale et la médiation de la SADC", indique le texte, relevant "la volonté des leaders politiques du Zimbabwe d'ouvrir des négociations". Selon le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Hossam Zaki, M. Mugabe "n'a pas dit non" à la résolution.
"Nous n'avons pas entendu le Zimbabwe dire non à la résolution. Ils n'ont pas fait d'objection à la résolution", a déclaré M. Zaki à la presse. M. Mugabe "n'avait pas quitté (la salle) avant l'adoption de la résolution. Il a dit qu'il y avait un dialogue en cours avec le MDC alors que nous parlions", a ajouté le porte-parole.
Mardi soir, le porte-parole du MDC, Nelson Chamisa, a indiqué que son parti ne commenterait la résolution de l'UA qu'après l'avoir étudiée: "nous devons d'abord comprendre la résolution". Interrogé sur les pressions et la propagande anti-Mugabe des occidentaux, George Charamba, conseiller à la presse de M. Mugabe, avait répondu: "qu'ils aillent se faire pendre". Dans une référence implicite aux pressions occidentales, le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, a jugé qu'il "fallait laisser les Africains règler ce problème sans trop d'interférences, je dis trop. Il faut faire confiance aux Africains".
Les Etats-Unis ont rédigé un projet de résolution pour le Conseil de sécurité de l'ONU prévoyant des nouvelles sanctions contre le Zimbabwe et qui pourrait être présenté, selon l'ambassadeur américain à l'ONU, Zalmay Khalilzad, "dès cette semaine".
Le département d'Etat américain s'est toutefois félicité de la résolution de les dirigeants de l'UA qui se sont "joints aux appels au régime Mugabe à participer aux efforts pour trouver une solution politique à cette crise."
De leur côté, les Européens se concertent sur "une palette" de mesures, incluant un durcissement des sanctions de l'Union européenne (UE) en vigueur, a indiqué la présidence française de l'UE. Mais ces mesures sont déjà condamnées par tous les pays non-occidentaux.
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